QI et management

Dans un modèle d’après guerre, les dirigeants étaient plutôt des ingénieurs, du fait de la nécessité de reconstruction et de définition du nouvel outil de production. Les problèmes ne sont plus analysés via des cerveaux créatifs, mais à travers des processus d’analyses et de logiques. L’apparition de la finance dans les années 80/90 ne déroge pas à la règle, et les ingénieurs se trouvent à l’aise dans ces postes de pilotage. Puis arriva l’ère de l’information. Jusqu’ici, ces leaders conservaient cette connaissance, cette information comme une forme de supériorité intellectuelle sur les autres. Au final, nous nous sommes retrouvés avec des millions d’ingénieurs… et il faut donc aujourd’hui trouver de nouveaux leaders.

Les différentes intelligence

Howard Gardner en 1983 établissa le concept de multi-intelligence :

  • L’intelligence verbo-linguistique : c’est l’intelligence qui permet d’utiliser une langue pour comprendre et communiquer.
  • L’intelligence logico-mathématique : c’est l’intelligence qui permet de calculer, de mesurer et de résoudre des problèmes mathématiques. C’est cette intelligence qui est calculée dans les différents tests de QI.
  • L’intelligence spatiale : c’est l’intelligence qui permet de se représenter le monde dans l’espace, utilisée par les peintres, sculpteurs, architectes, pilotes d’engins, d’avions, radiologues, etc.
  • L’intelligence intra-personnelle : cette intelligence permet de se représenter soi-même de manière très précise : de se connaitre et d’être capable d’introspection.
  • L’intelligence interpersonnelle : c’est l’intelligence sociale, celle qui permet d’agir avec un groupe de manière adaptée.
  • L’intelligence corporelle-kinesthésique : c’est la capacité à s’exprimer à travers son corps, comme les danseurs, les athlètes ou les chirurgiens. C’est l’intelligence qui permet d’envoyer un ballon dans un cerceau, en calculant la force, la trajectoire, la pression à exercer sur le ballon.
  • L’intelligence musicale-rythmique : elle permet de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaitre des modèles musicaux et d’en créer.
  • L’intelligence naturaliste-écologiste : c’est une intelligence dite de classification. Elle permet de différencier les objets, le vivant en catégorie, comme les botanistes ou les zoologistes. Elle sensibilise au vivant et à la compréhension de l’environnement.
  • L’intelligence existentielle : c’est l’intelligence qui nous permet de penser aux limites de notre existence : infiniment petit, infiniment grand. Elle est une sorte d’intelligence spirituelle, morale.

Les nouveaux dirigeants doivent donc conserver leur intelligence logico-mathématique (et verbale), mais doivent également avoir une intelligence interpersonnelle bien développée. elle leur permettront d’intégrer deux facteurs important pour renforcer leur leadership : le facteur humain et le facteur personnel.

Le facteur Humain

Nous devons gérer des hommes, et non plus des ingénieurs (même si je les considère comme des hommes, ne vous méprenez pas). Aujourd’hui le manager doit gérer des personnalités, faire du relationnel. Que ce soit en interne dans son équipe ou en externe avec les autres managers, les autres concurrents, etc. Et il doit acquérir ces qualités en plus de son intelligence mathématique.

Le facteur Personnel

L’homme a besoin de s’identifier, de trouver un modèle. Le dirigeant doit être capable de devenir un modèle pour ses collaborateurs. Il doit réussir à partager une partie de sa vie personnelle avec ses collègues. Il doit donc s’ouvrir et être capable de montrer que la vie ne se limite pas à l’entreprise, mais qu’elle existe également en dehors. Il faut que le dirigeant se rende humain (même s’il l’est déjà !). Il doit être sensible, à l’écoute, empathique, réactif… humain. Il pourra même parfois se tromper.

Accepter d’essayer

Être dirigeant aujourd’hui, c’est se tromper ! C’est essayer, modifier son équipe, modifier son comportement, ses méthodes, essayer une idée, entendre un conseil, essayer une autre idée, se tromper, ré-essayer. Et il faut le faire en équipe, en partageant ces erreurs, ces essais. Le leader de demain devra être un homme ou une femme complet(e), à l’intelligence multiple. Je me permettrais même de dire que le dirigeant de demain devra être capable de déléguer son QI (dans le sens logico-mathématique), pour se concentrer sur ses intelligences interpersonnelles.